120 personnes étaient ce matin présentent au Marché du Mas pour rendre hommage à notre camarade et ami Jean-Pierre Brunel qui nous a quitté il y'a un an.

Revivez cet hommage en trois temps:

- Introduction de Nicolas Maury, militant de la section PCF de Vaulx-en-Velin

- Hommage de François Bailly-Maitre, secrétaire de la section

- Inauguration du portrait de Jean Pierre, réalisé par Benoit (alias "Chab Vazeulay"), artiste grapheur et ancien voisin de Jean-Pierre.

La section de Vaulx-en-Velin tient à remercier les camarades et amis de Jean-Pierre présents pour cet hommage.

Introduction de Nicolas Maury

Hommage de François-Bailly Maitre

Merci camarade !

Merci camarade !

Texte de l'hommage à Jean-Pierre Brunel

Cher(e) ami(e), cher(e) Camarade,

Lorsque Jean-Pierre s'est éteint, il y a un an, ce 15 septembre 2014 au lendemain de la fête de l'humanité, la fête de son journal de notre journal, comme l'a chanté Jean Ferrat, on eut dit que chacun de nous ne serait plus que « cette heure arrêtée au cadran de la montre ». Pour nous ses camarades, ses amis , Jean Pierre était la vie, Une vie pleine, une vie belle, une vie donnée, une vie aux prises avec l’injustice qui frappe le monde, une vie reliée à tant d’autres vies.Pour les communistes, Jean-Pierre était d’abord, profondément, un des leurs. Un camarade de luttes, qui a été de tous leurs combats et de tous leurs espoirs. Ceux qui l’ont connu, ici, à Vaulx-en-velin, à Vénissieux, aux usines Berliet ou sur notre département et ailleurs, savent combien il était un formidable militant. Je t’entends encore, Jean-Pierre, je t’entends me parler de tes tournées de l’HD, de ta présence ici tous les dimanches combien tu nous manques. Je t'entends me parler des sans papiers que la France expulsait et expulse encore.

Alors comment serait la vie sans Jean-Pierre ? Les communistes Vaudais perdaient un frère et notre commune, un militant dans lequel elle se reconnaît tout entière. Jean-Pierre représentait, cette France digne et généreuse, cette France courageuse et accueillante, notre France aimante, combative et inventive.

Jean-Pierre tu as manqué cette fête de l'humanité 2015, cette fête qui était à ton image, presque un hommage pour ton combat, une fête ou l'on a chanté, dansé, rit. Une fête où les réfugiés étaient les bienvenus, une fête ou l'on refusait que les murs, les barbelés et les matraques soient les seules réponses à ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui chaque jours risquent leur vie dans l'espoir de la sauver ici. Tu n'auras pas vécu cette fête où la lutte des Grecs contre les vautours de la finance à trouvé un soutien concret. Cette fête où donner un futur à la planète n'était pas qu'un slogan. Cette fête, ta fête, que tu ne ratais jamais, oui elle était un hommage à ton combat, aux valeurs que tu défendais.

Jean-Pierre tu étais enraciné dans le quotidien des hommes et des femmes que tu rencontrais. Tu savais toujours, avec beaucoup de tendresse, faire sentir à chacune et chacun combien sa vie avait de la valeur.

Sur ton quartier du mas que tu n'as jamais voulu quitter, tu laisses un grand vide tant ton implication auprès de tes voisins, dans les associations était importante.

Chacun a son anecdote pour raconter ton profond humanisme. Ce qui frappait d’abord pour celles et ceux qui te côtoyaient, c’était ta grande attention aux militantes et aux militants. Tu veillais sans cesse à ce qu’ils se sentent bien, qu’ils soient à l’aise dans leur parti.

Jean-Pierre, avec toi militantisme se conjuguait avec fraternité.

Bien sur quelque fois tu savais te mettre en colère quand tu pensais que les choses n'allaient pas dans le bon sens, mais à la fin c'était toujours l'intérêt commun qui primait, l'unité de ton parti.

Ta plume n'avait pas de pareil pour écrire un article ou rédiger un tract, ton engagement à la rédaction de la Voie du Lyonnais reste pour beaucoup de communistes une page importante de notre histoire.

Jean-Pierre si certains se font ovationner par les patrons toi c'est devant les entreprises que tu étais, et quand tu pénétrais dans l'une d'entres elles, c'était pour soutenir en tant qu'élu les salariés en lutte.

Combien de fois es-tu intervenu pour empêcher une expulsion, tu savais prendre le temps pour éplucher les dossiers et trouver des solutions. Et puis quand il le fallait, avec la population tu étais présent pour empêcher les saisies et les expulsions. Je me souviens, jeune élus à tes cotés, nous étions allés, avec des militants communistes saisir un huissier à Lyon, il venait de prendre les meubles d'une famille de Vaudais pour une dette de 200Fr seulement dans les années 1990. Cela avait fait grand bruit à l'époque.

C'était comme cela que tu vivais ton rôle de militant, d'élu, où les deux étaient intimement liés.

Jean-Pierre « Tu aurais pu vivre encore un peu », me suis-je dit, en venant te rendre hommage aujourd'hui, avant que le souvenir de tout les combats que nous avons menés ensemble ne me rattrape bien vite. Jean-Pierre ne laissait personne indifférent.

Jean-Pierre avait appris de sa traversée de l'existence que, quelles que soient les difficultés et les obstacles, en faisant confiance à l'espèce humaine et à sa créativité, en cultivant notre fraternité, nous pouvons avoir toute confiance en l'avenir et persévérer Comme le poète l'a chanté : « L'homme ne se laissera pas ravaler au rôle d'animal, ni ne laissera enterrer ses espoirs. La transformation sociale est toujours à conquérir. »

Pour Jean-Pierre, le communiste s'était regarder lucidement toutes les beautés, toutes les bontés du monde sans en masquer les horreurs ni jamais renoncer à le transformer ; aimer l'autre tel qu'il est, se nourrir de la rencontre, jouir de la vie, des bons vins ou d'un paysage majestueux comme d'une œuvre d'art, puiser dans la contemplation la vitalité et l'énergie de la révolte.

Jean-Pierre, il était moi, il était vous, il savait chuchoter à l'oreille de chacun, le rassurer, le réchauffer, le secouer aussi, si besoin. Avec Jean-Pierre, il ne s'agissait pas simplement de vivre, il s'agissait d'exister, d'être –au sens plein du terme ; n'en rabattre ni sur ses joies, ni sur ses colères.

Chère Corinne, Chère France, à tous ses amis ici et dans son quartier, je veux redire combien chaque rencontre avec Jean-Pierre fut source de bonheur et de plaisir ; j'ai connu ce bonheur, j'en suis toujours sorti plus riche. Que nous soyons membre ou non du PCF, l'engagement de Jean-Pierre nous accompagne et nous rend encore un peu plus humain, encore un peu plus fort, encore un peu plus heureux.

Pour terminer je voudrais juste citer un passage d'un poème de Victor Hugo qui résume ton engagement:

"Ceux qui vivent, ce sont qui luttent; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplît l'âme et le front,
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime"

Jean-Pierre,

Merci mon Camarade, Merci mon ami

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